Marché immobilier Arcachon : les prix flambent-ils vraiment ? En 2023, le mètre carré ancien s’est négocié en moyenne 9 250 € (+6,8 % sur douze mois), quand la France entière reculait de ‑1,3 %. 52 % des acheteurs proviennent d’Île-de-France, contre 35 % en 2019 ; un basculement démographique majeur. Ces chiffres, issus de la base notariale provisoire de février 2024, confirment l’attractivité singulière du Bassin… mais jusqu’où ?

Comment évolue le marché immobilier à Arcachon en 2024 ?

Le premier trimestre 2024 dévoile trois tendances convergentes :

  • Prix au m² : 9 430 € dans l’ancien (+2 % par rapport à décembre 2023), 10 850 € dans le neuf (+3,1 %).
  • Volumes de vente : –12 % d’actes signés selon les études notariales locales, reflet du ralentissement national.
  • Taux de crédit : 3,8 % sur 20 ans en moyenne (Banque de France, mars 2024), niveau inconnu depuis 2012.

Qu’est-ce que ces chiffres traduisent ? Une tension entre désir de villégiature post-Covid et durcissement du financement. L’écart se creuse entre biens de prestige – villas au Moulleau, hôtels particuliers 1900 signés Louis Gaume – et petits appartements des Abatilles, plus sensibles au pouvoir d’achat.

Focus quartiers

Quartier Prix moyen 2024 Variation 12 mois
Le Moulleau 11 900 €/m² +7,4 %
Ville d’Hiver 10 200 €/m² +5,9 %
Abatilles 8 300 €/m² +3,2 %
Aiguillon 6 750 €/m² +1,1 %

Là où Toulouse-Matabiau séduit l’investisseur étudiant, Arcachon s’apparente à Deauville : une station balnéaire premium, héritière d’Émile Pereire, davantage corrélée aux flux patrimoniaux qu’aux cycles locatifs classiques.

Des opportunités d’investissement à plusieurs vitesses

D’un côté, les résidences secondaires haut de gamme continuent de se valoriser, dopées par un stock limité (à peine 140 mises en vente au-dessus de 2 M€ en 2023). De l’autre, la location meublée saisonnière subit le resserrement réglementaire : la mairie d’Arcachon impose depuis le 1ᵉʳ janvier 2024 un nombre maximal de 120 jours/an pour les résidences principales inscrites sur Airbnb.

Bullet points décisifs pour l’investisseur :

  • Rendement brut moyen locatif longue durée : 2,4 % (Abatilles) à 3,1 % (Aiguillon).
  • Rendement saisonnier (haute saison) : jusqu’à 7 % brut, mais soumis à taxe de séjour et plafond de nuitées.
  • Taux de vacance : 4,7 % (Insee 2023), bien inférieur à la moyenne girondine (7,9 %).
  • Travaux d’adaptation énergétique : 38 % des appartements sont classés DPE E ou F, urgence avant l’interdiction de location des étiquettes G dès 2025.

Pourquoi ces disparités ? L’offre neuve est raréfiée : seulement 89 permis de construire accordés en 2023 (contre 162 en 2018) en raison de la loi Littoral et de la ZPPAUP, qui protège le bâti Belle Époque. Cet encadrement patrimonial renchérit la valeur foncière, mais limite la rentabilité nette après travaux.

Fiscalité locale : ce qui change en 2024

Le 12 décembre 2023, le conseil municipal a voté une hausse de +9 % de la taxe foncière pour compenser l’explosion des coûts d’infrastructures maritimes (dragage du port, protection contre l’érosion). Concrètement, un T4 de 85 m² évalué 350 000 € passe de 1 375 € à 1 498 € d’impôt. À cela s’ajoute :

  • Contribution Gemapi (gestion des milieux aquatiques) : 44 € par foyer.
  • Majoration de 7 % de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires, dans le sillage de la loi de finances 2024.

Pour les investisseurs LMNP, la niche fiscale Censi-Bouvard a disparu fin 2023 ; seules les résidences de services (Ehpad, tourisme) restent éligibles à l’amortissement classique. Les SCPI spécialisées “mer & littoral” (pierre-papier) recentrent donc leurs acquisitions sur Gujan-Mestras, où la valeur d’achat est 34 % inférieure.

Mon regard d’analyste sur les prochains mois

Arcachon n’échappe pas au chorus national : taux élevés, pouvoir d’achat réduit. Mais la station possède deux amortisseurs solides : son image culturelle (cabane tchanquée, festival Cadences, peinture d’Odilon Redon) et une barrière physique, le Bassin, qui limite la constructibilité.

Je note trois signaux faibles :

  1. Les ventes « off market » se multiplient : 21 % des transactions au-delà de 1,5 M€ ne passent plus par les portails publics (baromètre Fnaim Côte Atlantique, janvier 2024).
  2. Le chantier de la nouvelle ligne LGV Bordeaux-Toulouse, confirmé pour 2032, raccourcira Paris–Arcachon à 2 h 28 (contre 3 h 08). La perspective alimente déjà la spéculation foncière.
  3. La start-up “Seabird Tech” a choisi la zone d’activités en friche de La Teste pour son siège, 80 emplois qualifiés à la clé : un micro-afflux d’actifs permanents dans un marché dominé par les retraités (41 % de +60 ans).

D’un côté, ces dynamiques soutiendront la valeur patrimoniale. Mais de l’autre, la raréfaction du crédit et l’obsolescence énergétique de nombreux biens ancien pourraient modérer la hausse à +2 /+3 % en 2024, là où 2021 affichait +12 %.


Je vis à Arcachon depuis huit ans ; j’ai vu la Ville d’Hiver se métamorphoser à chaque saison touristique. Ma conviction : investir ici demeure un choix patrimonial solide, à condition d’accepter des rendements modestes et des contraintes urbanistiques fortes. Vous envisagez une acquisition ? Prenez le temps de flâner sur le front de mer, d’écouter les pêcheurs au port de l’Aiguillon, et de discuter avec les syndics : c’est souvent là que se cachent les vraies affaires. N’hésitez pas à explorer nos autres dossiers (financement, rénovation énergétique, résidence secondaire) pour affiner votre projet et transformer votre rêve d’Arcachon en réalité durable.